Le 08/07/2010 - 14h54
Par
SPORTWEEK / Mélanie Pontet
Elles ont traversé l'Atlantique sur une planche
Flora, Alexandra et Stéphanie ont traversé l'Atlantique-DR
Traverser l'Atlantique en 54 jours sur une planche à la seule force des bras. C'est l'exploit réalisé par Stéphanie, Alexandra et Flora l'été dernier. Récit d'une aventure inoubliable.
Tout est parti d'un rêve. Celui de Stéphanie. Elle n'a pas 30 ans et est touchée par un cancer du sein. Par chance, elle peut être soignée mais voit disparaître dans le même temps plusieurs proches affectés par la maladie. " Ça a été un coup très dur mais je me suis dit : Si tu as un rêve il faut le réaliser parce qu'on ne sait pas ce qu'il peut arriver. " Le rêve de celle qui a passé 14 ans en équipe de France de paddleboard, c'est justement de traverser l'Atlantique sur sa planche fétiche*. Personne ne l'a jamais fait et l'idée aurait pour beaucoup des allures de cauchemar. Mais Stéphanie sait qu'elle trouvera deux partenaires pour l'accompagner : " J'ai tout de suite pensé à Flora et Alexandra et à personne d'autres. Pour être franche, je n'ai même pas pensé à des hommes alors que physiquement, ils auraient été plus forts."
" Nous étions seules au monde "Les trois filles lancent donc dans ce projet un peu surréaliste qu'il faut mener de A à Z. Logistique, financement, préparation physique... Beaucoup d'efforts et d'énergie déployés. Le 5 juillet 2009, elles sont à Cape Breton Island au Canada et comptent bien rallier leur Capbreton " maison " à la seule force de leur bras. Elles ne sont pas seules. Un catamaran les accompagne avec à son bord, un skipper et son second mais aussi une ostéopathe " On voulait faire des études médicales sur nous ", et une scientifique qui réalisera des relevés quotidiens de planctons. Le groupe est complété par une caméraman. Les filles réaliseront des relais de 2h00 la journée, 1h30 la nuit " où les conditions sont très dures. A cause du manque de visibilité, on a le mal de mer. " Stéphanie, Alexandra et Flora, toutes les trois secouristes de métier, se lancent donc à l'assaut de l'Atlantique. Pas forcément avec le soutien qu'elles avaient espéré : " Les journaux canadiens nous ont " démonté ", ne parlant que des frais que ça allait engendrer pour venir nous chercher en pleine mer. " Mais ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort. Acharnées, surmotivées, les filles, bien minuscules au milieu de l'océan, avancent : " On est contente pour un rien, avoue Flora. Quand on voit un avion, qu'on nous parle à la radio, qu'un cargo s'approche... On était seul au monde. "
Alexandra sur sa planche au milieu de l'Atlantique-DRAprès 54 jours de combat contre la mer, les conditions météos difficiles, les courbatures, la fatigue et le manque de sommeil, les trois rameuses qui avouent " n'avoir jamais envisagé d'abandonner " arrivent sur la côte de Capbreton. Fin de l'aventure. Emotions mélangées. La joie d'avoir réussi et d'être félicitées à l'arrivée par plus de 10 000 personnes. La tristesse de voir leur " bulle " se briser, aussi, pour Alexandra : " On savait que tout le monde allait reprendre sa vie. C'est brutal ". Un an pile après leur départ, les filles ont débarqué à Paris pour ramer le 5 juillet avec leur paddleboard sur la Seine. Un rendez-vous symbolique pour continuer à parler de cette belle aventure. En attendant que le film de 52 minutes de leur périple soit lancé le 28 août, date anniversaire de leur arrivée, elles vont d'ailleurs arpenter la planète, planche sous le bras. Elles nous invitent à deviner où elles ont voyagé **. Pour nous faire rêver. Encore.
*Le paddleboard est initialement utilisé par les sauveteurs australiens. Il est devenu un sport qui consiste à utiliser une planche conçue pour ramer et se déplacer en mer utilisant les bras. La planche mesure 3.20m
** Pour participer, rendez-vous sur leur site Internet
Cap Sur l'Odyssée
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